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01/07/2008

Instantané de vie 35 - LOMENER KERROC'H

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Lomener Kerroc'h. Vous connaissez ? Moi je connais depuis hier soir. Et Concarneau ? Oui bien sûr... Alors on va commencer par Concarneau... C'était dimanche... Le 29 juin...

Le jour du Seigneur... Sauf que quand je suis en colère, moi je dis le jour du SAIgneur...

C'était dimanche, et j'ai joué au touriste dans la ville close. Elle me tenait la main et sa fille était à nos côtés. J'adore jouer au touriste dans mon pays. On se fait moins avoir, on sait très bien qu'à Intermarché, c'est moitié moins cher. Mais on achète quand même, ça fait du bien parfois, quand on a un peu de sous, de dépenser 17 Euros en gâteaux bretons et 1 Euro 80 pour une glace aux cookies... Sa fille a bien aimé la glace et moi j'étais heureux comme un pou sur la tête d'un teigneux.

Je voulais lui offrir un cadeau à Elle, rien que pour Elle. Mais Elle n'a pas voulu, Elle sait que je ne roule pas sur l'or. Et puis Elle sait faire attention. Ce n'est pas une consommatrice. C'est une fille de la terre, c'est une femme du peuple... Elle sait ! Elle est comme moi, de la terre et du peuple, de la mer et du ciel, du blé et du calvaire, du vivre et du vouloir...

Et j'ai pris des photos bien sûr, comme un bon touriste qui se respecte. Parce que maintenant, j'ai un appareil photo. Bah oui, j'ai un contrat truc bidule, vous voyez ? Un contrat aidé... Je travaille moins et je gagne plus... Avec tous les compléments, j'ai plus que le SMIC. Je ne trouve ça ni logique ni sensé mais bon... Je ne vais quand même pas leur rendre. Depuis le temps que je me serre la ceinture... Fin du paragraphe du militant exacerbé et heureux.

Ce n'est pas ma maison chez Elle, mais j'ai envie de dire qu'après le tourisme la glace et sa main dans la mienne et les photos et le soleil et l'été et les vacances... J'ai envie de dire on est rentré à la maison. On a bu un thé et on a mangé des crêpes à la confiture. Sa fille est partie se coucher. Alors Elle m'a dit : "On va se promener ?"

Marcher c'est pas mon truc, mais avec Elle je ferais Paris-Dakar à pied. Alors j'ai dit oui. Et maintenant on va voir ceux qui suivent... Vous vous rappelez Lomener Kerroc'h ? J'en parle au début. C'est l'après Concarneau.

On a pris ma voiture (moi j'aime bien conduire) et c'était Elle ma co-pilote. Si nous faisions Paris-Dakar (encore) nous n'y arriverions jamais. Même avec une boussole... Nous avons un très mauvais sens de l'orientation, alors, s'il n'y a pas de panneaux et si nous n'avons pas fait la route plusieurs fois... Bah, on est pas arrivé !

Lomener Kerroc'h... Et le soir et la nuit qui tombaient. Le bruit des vagues et le son de sa voix. Nos pas qui sonnaient sur le chemin côtier. Ses doigts croisés avec les miens. Les lumières des bateaux, les feux tournants des phares. Les maisons de l'autre rive qui s'allument. Nous avons marché l'un à côté de l'autre, vu les mêmes paysages, les mêmes océans, les mêmes sirènes, les mêmes Poséïdon, les mêmes îles, les mêmes rêves...

Elle à côté de moi. Sur le même banc, face au grand large, un banc public... Alors nous nous sommes bécotés. Et tant pis pour les vieux qui devaient être offusqués par notre conduite. C'est la première fois que cela m'arrive... Une promenade en amoureux... C'était les baignades aux Îles sous le Vent, le carnaval à Rio, les gondoles à Venise, le pique-nique au bord de l'eau. A Lomener Kerroc'h. En Bretagne. Pas en France. Elle est de mon pays. J'étais un exilé et Elle m'accueille. J'étais perdu Elle me retrouve. Et j'ai vu tout ça à Lomener Kerroc'h. Elle était à côté de moi, je pouvais la respirer, quand je prenais la photo.

On est rentré. On s'est couché. Nous nous sommes dit "je t'aime" plusieurs fois... Et puis il y a eu lundi. Il fallait que je m'en aille. En avant la machine... La laisser, l'abandonner, ne plus la voir la toucher... Comme une femme de marin.

Alors ce soir dans ma caverne, je lui envoie ce sms :

"J'aimerais tant être avec toi ce soir...

Plonger dans tes yeux...

Et chanter à l'amour de tes soupirs..."

Et Elle m'a répondu :

"Mais moi c'est pareil tu sais..."

Et j'ai éclaté de rire ! A chaque fois Elle arrive à me désarçonner. Je l'aime pour ça. Et pour une foule d'autres petites choses... Et Elle me manque quand Elle n'est pas près de moi...

Fabrice (photo et texte). Le 30/06/2008

19:55 Publié dans Etats d'âmes | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : vive la vie

25/05/2008

Instantané de vie 34 - TOBACCO BLUES

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J'ai craqué... Pardon mon amour... Quand je me retrouve seul dans ma caverne, mes vieux démons refont surface. Je me suis pourtant acheté un gros paquet de fruits secs, pour combler le manque. Mais rien à faire... Je m'en suis roulé une... Puis deux, puis trois...

J'ai passé l'après-midi avec mon ami Thierry. Il a fumé plusieurs cigarettes en ma compagnie. Moi ça allait. Je n'avais pas envie. Mais c'est le soir... Les gosses sont partis manger chez "l'autre". Et ça ce n'était pas prévu. Alors ce soir j'enterre ma vie de fumeur. Mais je sais maintenant que je peux arrêter. Et je vais le faire. Il me faut juste un peu de temps. Je devrais être guéri à la fin du mois de juillet. Car ce mois-là, c'est le mois de la révolution. Et nous allons le vivre ensemble. Avec toi, je n'ai besoin que de toi. Le reste partira aux oubliettes. Je veux vivre pour toi, et je sais trop bien que le tabac n'est pas compatible avec la vie.

Alors je les savoure, ces dernières clopes... Il n'y a que les intoxiqués qui pourront me comprendre. C'est toute une alchimie... Ce tabac que l'on roule entre ses doigts, la feuille de papier, la gomme que l'on humecte du bout de la langue, la pierre qui craque, la flamme qui jaillit, et cette fumée mortelle qui ravage les entrailles... J'ai rangé mon Zippo dans l'armoire. Il n'est plus à ma ceinture, il ne le sera plus jamais. Je vais connaître des périodes de manque et je le sais...

Mais rien ne peut être pire que le manque de toi.

Fabrice. Le 24/05/2008

21:37 Publié dans Etats d'âmes | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : vive la vie

01/05/2008

Voici venir le joli mois de mai...

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Et puis un jour

Il y aura un jour

Où tous les vautours,

Je dis bien tous les vautours,

Cesseront d'exister

Cesseront de piailler

Pour leur maigre pitance

Pour leurs folles allégeances...

Et puis les colombes

Au fond des catacombes

Vivront l'amour...

 

Fabrice. Le 29/04/2008

13:47 Publié dans Etats d'âmes | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : vive la vie

03/02/2008

Instantané de vie 28 - Le loup solitaire...

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 Bonjour papa, bonjour maman...

C'est la première fois que je vous écris une lettre. Une lettre que vous ne lirez jamais. D'ailleurs vous n'y comprendriez rien. Et vous ne le tenteriez même pas.

J'étais avec Elle au téléphone ce matin. Quand nous avons raccroché, j'ai eu l'impression qu'on m'arrachait le coeur. Je la connais depuis si peu de temps. Je ne l'ai vu qu'une seule fois. Elle me manque. C'est la première qui me comprenne. Elle me devine à chaque inflexion de voix. Elle a confiance en moi. CONFIANCE. Ce mot qui n'a jamais fait partie de votre dictionnaire.

Deux fois déjà, cette semaine, mes yeux sont soudain devenus humides. En écoutant une chanson, en regardant les frissons timides de l'air dans les branches des arbres. J'ai la sensation d'embrasser le monde quand Elle est là. C'est Elle. Je sais que c'est Elle. J'ai envie de connaître chaque millimètre de sa peau. J'ai envie de vivre à jamais au pays de son corps.

J'ai pris mon petit déjeuner ce matin, comme d'habitude, avec cette boule au creux de l'estomac. Sa voix chantait encore dans mon oreille, réveillait mes fièvres endormies. En même temps je regardais un petit bout de film. Un film qui date des années 30. Avec le Front Populaire en filigrane...

"César" de Pagnol. La fin de la trilogie de "Marius". Marius y découvre Césario, son fils de 20 ans. Ils se parlent pour la première fois. Ils se disent des mots d'amour... Je connais le film par coeur.

Et j'ai éclaté en sanglots. Impossible de me retenir. Je pleure encore en écrivant. Et je vous jure que c'est pour de vrai.

 

Les violoncelles déchirent le silence de mes nuits

Les violoncelles griffent mes lambeaux de souffrance

Les violoncelles mordent la chair de mon enfance

Les violoncelles percent mon coeur d'une nouvelle vie.

 

Papa, maman, je sais maintenant. Je manque de famille depuis que je suis né. Vous n'êtes que mes géniteurs.

 

Depuis un demi-siècle je me La cherche, Elle, sans le savoir, et puis Elle arrive, Elle débarque, Elle met les pieds dans le plat tout ébréché que je suis. Elle me dit des mots que je n'ai lu que dans les livres. J'ai envie besoin d'Elle.

 

Que m'arrive-t-il ce matin ? Elle met mes entrailles à nu. Elle fait le ménage de mes maux. Je l'aime à en hurler à la Lune, comme un vieux loup solitaire qui vient de retrouver sa meute. Je l'aime et ne lui ai pas encore dit. Je me retiens depuis plusieurs jours. Les mots me brûlent les lèvres. Je ne veux pas lui dire au téléphone. Demain, je lui dirai demain, en La regardant dans les yeux.

Il y en a qui se servent des "je t'aime" comme on se sert des "passe-moi le sel". Pas moi. Je ne dis pas "je t'aime" n'importe quand, ni à n'importe qui. Mais j'ai hâte à demain, ma gorge a mal de se retenir. Elle, mon Elle, je t'aime. Grâce à toi, je sais enfin où je vais, celà ne m'était jamais arrivé. Je t'appartiens.

Voilà papa, voilà maman, votre fils vient de naître. Il va commencer à vivre. Il va apprendre à marcher, à se tenir debout. Il sait enfin ce que veut dire "être deux". Je vous adresse cette lettre à titre posthume. J'ai brisé le cercle de l'errance et de l'humiliation. Et je vous plains, sincèrement...

Si le sel de la terre

Ne sert qu'à alimenter nos guerres

Quand est-il de l'Amour

Qui ne nous sert

Qu'à user de calembours ?

Fabrice. Le 03/01/2008

 

26/01/2008

SAINT-GOUSTAN

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C'était le printemps aujourd'hui à Saint-Goustan. Après quelques mails, 2 coups de téléphone, Elle m'a dit il faut se voir. Frayeur !!

Aïe aïe aïe, et j'allais faire quoi moi ? Avec ma bouche sèche, mes membres atrophiés, mon RMI, mes appels au secours ?

Rendez-vous 14h.30. Saint-Goustan. Je suis parti tôt le matin, je suis allé voir mon ami Thierry, il fallait que je lui parle avant. Il m'a fait goûter un petit vin blanc sucré... Un vrai nectar...

Et puis je suis parti vers Vannes, pour voir l'homme de ma fille cadette, voir s'il allait bien. J'ai mangé mon sandwich chez lui. Il était content pour moi.
Et puis je suis parti.

Et je suis allé acheter une rose chez le fleuriste. Une rose rouge.
Direction Saint-Goustan. Je suis arrivé en avance. Je n'aime pas être en retard.
Et Elle est arrivée. Je l'ai vue de dos d'abord. Avec ses cheveux noirs dans le cou. Et j'avais peur.

Nous avons beaucoup marché. Saint-Goustan en long et en large. On s'est assis sur un banc. L'eau de la rivière se mélangeait à la mer. Il faisait bon. Les mouettes rasaient nos têtes. On a beaucoup parlé. Et quand il faisait silence, nous nous regardions.
Et puis il a fallu qu'Elle s'en aille. Il se faisait tard. Sa fille allait rentrer de l'école.
Alors je lui ai dit de venir jusqu'à ma voiture. Et j'ai ouvert le coffre. Et j'ai sorti la rose pour la lui offrir. Elle a voulu me faire la bise pour me remercier, mais elle a mal visé. Elle a raté la joue. Elle s'est retrouvé dans mes bras. C’était doux et c’était tendre. Et j'étais comme une poule qui a trouvé un couteau.

Je ne connais pas l'avenir. Rien n'est simple. Rien n'est jamais acquis. Mais Elle est là. Je pense à Elle. Elle pense à moi. Et je suis prêt à tout recommencer. Je suis heureux, je souffre et j'exulte, la vie est là et je veux me la prendre.

 

Je vous jure... Je suis amoureux.

 

 

Fabrice. Le 22/01/2008