28.05.2008

PEURS

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J'n'ai peur de rien j'ai peur de tout

Des jours qui passent et des hiboux

J'accroche mes yeux à la Lune

Je gueule mes mots sur les dunes...

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Une vie meurt et l'autre arrive

Et je me perds en invectives

C'est la naissance ou bien la mort

La nuit sans fin ou bien l'aurore...

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J'ai peur de tout j'n'ai peur de rien

Des saltimbanques et des vauriens

Je crache ma vie aux étoiles

Je pleure et puis j'ouvre le bal.

Fabrice. Le 16/05/2008

07.05.2008

Instantané de vie 33 - TU PEUX TOUT ME DIRE...

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Continue de me parler. Tu peux tout me dire. Tout ce qui est moi est à toi. Maintenant. Il faut que tu oublies tes craintes. Je vais te décrocher la Lune. Je vais t'offrir le Taj Mahal. Garde-moi ta confiance. Tu me fais grandir. Avec toi, j'ai enfin l'impression d'être un homme. Alors il va falloir que je m'impose, que je dise qui je suis, que je mette les barres sur les t et les points sur les i... Le dormeur doit se réveiller...

Tu es ma princesse, celle que j'attends depuis la nuit des temps. Et tu sais bien, je n'aime pas à la sauvette, je n'aime pas entre deux portes, quand j'aime je donne tout et plus encore. Je suis comme ça. Tu peux tout me dire, tout me demander. Tu es là pour moi alors je suis là pour toi.

Je sais que tu as du mal à croire qu'un petit garçon comme moi puisse exister. Mais je suis là. Maintenant. Et c'est pour toi. Tu peux tout me dire.

 

Dis-moi, dis-moi tes mots si doux

La lande des aurores floues

Le grain velouté de tes joues

La faim dévorante des loups.

Dis-moi, dis-moi tes rêves fous

Les genêts les chiens au poil roux

Ma main posée sur ton genou

Nos nuits libérées des tabous.

 

Fabrice. Le 06/05/2008

 

30.03.2008

Instantané de vie 32 - La plume et l'encre

 

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Je m'essaie à la plume... Il y avait si longtemps...

Porte-plume, plume et encre...

La plume et l'encre sont éternelles. Comme les sentiments que j'éprouve pour toi.

Je ne sais pas si j'arrive encore bien à faire les pleins et les déliés...

Mais je sais que tu es mon écritoire. Et j'écrirai sur ta peau autant de fois que tu le voudras. Tu es mon livre, tu es mon roman, tu es ma plus belle histoire.

Et je te veux comme tu es. Avec tes sautes d'humeur, des éclairs dans tes yeux, avec tes élans d'amour, ton regard qui se voile...

Je pense à toi à chaque instant. Tu as pris place dans ma vie.

Je pense un peu à moi quand même... Quand je veux écouter ma musique, quand j'ai envie de regarder pour la centième fois un film que j'aime, quand je prends ma guitare, quand mon côté militant s'exacerbe et me demande de lutter encore et toujours...

Mais je suis désolé, et tu n'y pourras rien... Quand je pense à l'à-venir, qu'il soit privé ou bien professionnel... Je ne pense plus moi, je ne pense plus toi, je pense nous. Et nos enfants en font partie intégrante.

Lorsque j'ai obtenu mon poste au collège, j'ai d'abord pensé à toi et à nos enfants. Tout devenait plus simple... Je n'avais plus le mot "chômeur" gravé en travers du front...

(C'est difficile de retrouver la plume et l'encre, je n'ai vraiment plus l'habitude...)

Bientôt 23 heures... Je viens de finir de manger. Ta voix me manque. Tes yeux me manquent. Ton rire me manque. Ta peau me manque. Ta présence me manque.

Je ne peux plus me passer de toi. A chaque instant, je fais des efforts, plus que tu ne peux te l'imaginer. Et c'est pour te garder, Toi.

Tu sais que je n'ai pas de famille, à part mes enfants... Le dernier ne va pas tarder à quitter le nid, et c'est très bien ainsi. Et je m'y étais habitué. Je n'ai vécu que pour eux.

Sans personne avec qui partager mes émotions, la vie ne valait plus la peine d'être vécue... Je me serais contenté d'attendre la fin.

Mais maintenant tu es là, et tout change. Tu penses à moi, je pense à toi, et c'est rien que du bonheur.

Je t'aime, et je sais que tu m'aimes. La plume et l'encre ne sont rien l'une sans l'autre. Tout redevient possible.

 

Un sourire à la face du monde

Pour se remettre à danser la ronde

Gommer les frontières ouvrir les grilles

Et ne voir que Toi sous la charmille...

Fabrice. Le 29/03/2008

07.03.2008

Mercredi 5 mars 2008.

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Ce matin la journée commence avec les 4ème C et les 6ème A. Permanence... Ils sont calmes et studieux. Et les visages sont encore plein de sommeil. Certains se regardent avec des petits sourires qu'ils croient passer inaperçus...

Je vois une jeune fille qui baîlle... Et c'est toi que j'entends. Et mes pensées s'égarent, tourbillonnent, s'échappent de la classe, volent vers toi ta peau tes mains tes lèvres ton Graal...

Mon corps souffre et vibre dans l'attente de toi...

Je suis en salle de permanence, dans un collège privé, et je rêve du péché de chair...

Fabrice.

23.02.2008

Instantané de vie 31 - Le loup solitaire (3)

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La journée du 15/02/2008...

C'est le matin. Le soleil joue sur la haie de lauriers. Je bois mon thé à petites gorgées. Le chat dort sur le lit. La table de bois est à nouveau pleine de taches, elle se réveille à la vie. La maison pleure en silence, je suis en train de lui dire adieu. Je regarde les murs enduits de joies et de souffrances. Il va falloir que je quitte mes arbres. Je ne verrai plus mon couple de mésanges. Je vais bientôt refermer le livre, j'arrive aux dernières pages. C'est une autre histoire qui commence...

J'ai envie d'être avec Elle...

Les jours se suivent mais ne se ressemblent plus. Des ribambelles de visages d'enfants peuplent mes heures. L'odeur de la craie bouscule mes papilles. Les bruits de la récréation brûlent mes souvenirs de cartable. J'étais le timide. J'étais les mauvaises notes. J'étais la bonne conduite et les images. J'étais celui du fond de la classe. Me voilà assis au bureau du maître.

J'ai envie d'être avec Elle...

Je suis à la fin de l'été et le printemps arrive. Mes vies d'avant s'entrechoquent dans mes membres gourds. Mes lèvres ont retrouvé le goût du baiser. Mes mains reprennent essor au contact de sa peau. Je ne vois plus que par ses yeux. Je ne respire qu'avec sa bouche. Je n'existe qu'en Elle.

J'ai envie d'être avec Elle..

J'avais une pause de 5 mn. à la récré. Alors je suis allé prendre ma dose de nicotine à l'extérieur du collège. Sur la route pleine de brouillard. Et les flics se sont arrêtés pour moi, bien sûr... Mon fils et sa femme font un tout petit peu de bruit parfois... Et les voisins châtrés que nous avons n'aiment pas ça. Il sera bientôt interdit de faire l'amour sans isolation phonique. Et nous sommes en 2008 !!

J'ai envie d'être avec Elle...

Il fait nuit maintenant. Il est 20 h. 30. Et je suis seul sans Elle. Mon fils est parti ce soir chez sa soeur, avec sa femme. J'écoute le dernier album de Vanessa Paradis. Jamais je n'aurais cru acquérir une telle chose. Mais c'est Elle qui me l'a offert. Et je suis surpris. J'aime beaucoup, alors il passe en boucle... Je suis seul ce soir. Mais je sais qu'Elle est là, à quelques kilomètres, si proche et si lointaine. Avec sa vie et ses enfants. Et moi qui débarque avec mes gros sabots.

A la sortie des classes, il y avait comme un parfum de liberté. J'ai souhaité bonnes vacances à mes 274 enfants. Si vous saviez comme je les aime. J'ai hâte de les revoir à la rentrée. J'espère ne pas avoir à les punir. J'ai horreur de ça. Je me rappelle trop de mes écoles du 93. Alors je vais essayer de leur apprendre la vie, le respect, la tolérance et l'amour.

Et j'ai envie d'être avec Elle... Parce que c'est Elle...

Le loup solitaire a trouvé sa louve. C'est la même faim qui les dévore...

Fabrice. Le 15/02/2008

17.02.2008

Emmène-moi au bout de Toi...

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Des océans de lave aux yeux dardés

Des ciels rouges qui se mélangent

Au flot des tempêtes des archanges

Ses mains qui défrichent mes étés...

Emmène-moi au bout de toi...

Des hordes de loups les crocs acérés

Des rivages flous qui dérangent

Les îles fertiles au goût d'orange

Ses yeux qui gomment ma cécité...

Emmène-moi au bout de toi...

Des galaxies de haine ravagées

Des enfants perdus qui se vengent

Et qui crachent leurs rêves étranges

Sa peau chaude comme les blés...

Emmène-moi au bout de toi...

(Le Cauchemar - Heinrich Füssli). Fabrice. Le 11/02/2008

12.02.2008

Le Naufragé...

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Ne trouvez-vous pas que la vie est belle ?

Non bien sûr, vous ne pouvez pas savoir...

Et je ne le savais pas non plus

Comment faire quand on est perdu ?

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Les solstices maquillés

Les éléphants décimés

Les rivières asséchées

Les arbres décapités.

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Ne trouvez-vous pas que la vie est belle ?

Non bien sûr, vous ne pouvez pas savoir...

La fièvre des océans fougueux

La dérobade de ses cheveux.

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L'Excalibur des naissances

Honni soit qui mal y pense

Le murmure de ses transes

La magie de ses essences.

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Ne trouvez-vous pas que la vie est belle ?

Non bien sûr, vous ne pouvez pas savoir...

Vous êtes sur l'île naufragé

La bouche close et les yeux fermés.

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Vous laissez passer au large

Femmes enfants et bagages

Vous ne pensez qu'au carnage

Les amours au banc de nage.

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Ne trouvez-vous pas que la vie est belle ?

Non bien sûr, vous ne pouvez pas savoir...

Vous ne voyez que votre braguette

Vous ne vivez que pour vos conquêtes.

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Je ne suis plus naufragé

Je vogue en ses champs de blé

Je baigne dans ses étés

Je vole sous ses baisers.

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Ne m'en voulez surtout pas

J'ai la maison de ses bras

La vie est belle et sa voix

Ignore l'Alleluïa.

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Fabrice. Le 05/02/2008

07.02.2008

ELLE...

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Dans mes yeux ses courbes fragiles

Dans mes mains la douceur de sa peau

Sur mon corps ses doigts qui babillent

Sur ma bouche le goût de son eau...

Fabrice. Le 06/02/2008

06.02.2008

Instantané de vie 30 - Le loup solitaire (2)

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Elle était là. Avec ses yeux, sa voix, ses cheveux, ses vertiges, Elle est venue dans sa tanière.  Et le loup solitaire a mangé dans sa main.

Vous voulez savoir, mais je ne dirai rien. Elle était là, je vous dis. Je ne vous dirai rien. Je me La garde à moi et je me garde pour Elle.

Christophe Colomb, Vasco de Gama, la fente des flots, la découvrance de terres inconnues, le baiser de vents oubliés, le printemps au milieu de l'hiver.

Je ne vous dirai rien.

Géronimo, Sitting Bull, les vagues de la prairie, la course folle des lucioles, les chants sacrés qui lèchent la montagne, l'aigle qui embrasse la plaine, la flèche qui frémit dans le carquois, l'enfant qui joue dans le tipi, le mustang qui tire sur sa longe, l'ours qui se gave de miel.

Je ne vous dirai rien.

Le Roi Arthur, Lancelot du Lac et Guenièvre, les forêts enchantées, les collines qui débordent des vallons, le tinton des clochers, les clairières qui s'évanouissent à l'aurore, les terres vierges qui espèrent les semailles, les chevaux qui piaffent à l'entrée de la lice, les légendes gommées qui se baignent de tendresse, la chaleur de l'âtre au fond des chaumières amoureuses.

Je ne vous dirai rien. Elle était juste là, sans artifices et sans faux-semblants. Et je tenais sa vie entre mes bras...

Fabrice. Le 05/02/2008

Instantané de vie 29 - Chante, petit peuple..

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Il est bientôt 9 h. Dans une heure et demie Elle sera là.

J'ai mal au ventre comme s'il avait servi de punching-ball.

Tout mon corps est en attente d'Elle...

 

Je bois mon thé aussi sereinement que possible. Je regarde un bout de film, encore. Je n'arrive pas à suivre. Je n'entends pas les dialogues. Je ne pense qu'à Elle.

 

J'ai pris mon bain. Et puis je vais me raser. Me laver les dents. J'ai choisi la chemise que j'allais mettre. Comme un chevalier antique, je me prépare pour la nuit de noces... Les épousailles du printemps...

 

Le petit peuple chante dans les taillis brumeux. Les elfes ont replié leurs ailes, ils patientent, camouflés dans les frondaisons incertaines de Brocéliande. Les ancêtres de pierre, pour la première fois depuis 10000 ans, entonnent leur mélopée de Granit.

Les korrigans guettent, derrière les souches centenaires, l'arrivée de l'Elue.

Et les fées rêvent des éternités de tendresse.

 

Je ne veux pas oublier. Je n'oublierai jamais. J'en fais serment à la Table Ronde, devant la Harpe, le Livre et l'Epée.

Je vais m'abreuver de ses méandres.

Nous sommes le 4 février 2008.

 

Fabrice.

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